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Aug

Pédagogie 2.0… Suite #6

Ce billet fait suite à end of chaosPédagogie 2.0 Abus schizophrène ou vocation du e-learning #5.

Il faut bien reconnaître que cette idée de transformation potentielle des apprenants en formateurs serait non seulement un bouleversement structurel, mais qu’il est aussi sujet à beaucoup de débats … pédagogiques.  Mener une expérimentation dans ce sens avec une population et une matière propices serait à mon sens très riche en enseignement. Mais peut-être est-ce trop éloigné de nos pratiques actuelles pour que cela puisse être envisagé à court terme.

Il est en revanche une pratique qui devient réalité dans les usages 2.0 du web, c’est de coter des produits et des contenus. Il est donc pour le coup relativement facile d’imaginer un système de contenus pédagogiques organisés dans l’esprit des réseaux sociaux, où chacun pourrait à la fois donner sa “cote d’amour” et “taguer” les grains pédagogiques, ou bien les modules, les exercices, les évaluations... Il pourraient par exemple faire l’objet d’une cote des apprenants et d’une cote des formateurs.
Ce qui ne manquera pas d’inquiéter les formateurs, c’est qu’ils pourront eux-mêmes faire également l’objet d’une cote :-)

Un facteur clé de développement dans un service web 2.0 est la suggestion, ou plus activement la recommandation. La manière éditoriale de procéder est d’associer les contenus au sein de catégories thématiques ou de genres, éventuellement de faire le pari d’associer plusieurs catégories, en extrapolant sur les profils de “consommateurs”. Remarquons au passage que dans le domaine de la formation, les contenus sont extrêmement compartimentés par matières, par niveaux prédéterminés, par logiciels… Il est donc très difficile pour un apprenant de trouver une formation sur une compétence “transversale” qu’il voudrait développer dans plusieurs matières. La structure des modules de formation reste à ce jour relativement fossile. Seuls les formateurs peuvent rendre cette structure vivante ;-).

Pour revenir à la recommandation, la manière web 2.0 de les gérer - à l’initiative d’Amazon - serait “simplement” de retenir que telle personne ayant apprécié ce grain ou ce module pédagogique, a également apprécié tels autres … tel apprenant ayant apprécié ce formateur a également apprécié tels autres. Je sens que les effets pervers de cette perspective seront recherchés autant sinon davantage que les vertus qu’elle permet d’entrevoir.
Un système de tags pour “indexer” modules et formateurs serait plus fin que le simple curseur “j’aime - je n’aime pas”. Les grains pourraient recevoir des tags de type “concis - pointu - technique - ludique - synthétique - panoramique - ….” ; les tags de formateurs pourraient ressembler à ceci : “attentif - rapide - patient - éprouvant - exigeant - …”, les précédents étant également adaptés.

Evidemment pour qu’un tel système puisse être envisagé, il faut supposer que les contenus, ainsi que les formateurs, soient relativement autonomes et indépendants. Les relations entre les contenus et également les formateurs ne seraient plus tant hiérarchiques que maillés les uns aux autres. Les impacts sur le paysage de la formation professionnelle et sur la prestation de formation elle-même seraient considérables.

En tant que formateur, que responsable de formation ou en tant qu’apprenant, comment vous positionneriez-vous dans un tel paysage ?


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