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May

Pédagogie 2.0 … Abus schizophrène ou vocation du e-learning ? # 2

A notre décharge, nous avons cette tendance toute naturelle à toujours vouloir reproduire ce qui a déjà fonctionné. Pourquoi prendre un risque et tâtonner là, où je ne cherche que des résultats à moindre coût, donc rapides ?

Par ailleurs, pour prendre un peu de recul, nous ne sommes qu’aux balbutiements de ces mutations d’usage, nous regardons les succès web 2.0 lorsque nous n’en sommes pas parties prenantes, comme autant de mythes ; nous comprenons un phénomène a posteriori, nous transposons rarement ce phénomène à nos activités quotidiennes, pas plus qu’à notre cœur de métier.

Quelque fois nous lançons quelques idées, voire quelques projets, qui prennent les atours de ce que nous avons observé, histoire de ne pas se faire distancer, de suivre la tendance … Si cette démarche peut s’avérer louable, la manière restera relativement passive.

Cela étant, ces merveilleuses technologies ne sont pas - encore - complètement mures.

Ledit haut débit de l’ADSL est certes aujourd’hui répandu, mais les plus réfractaires ne manquent pas de noter la régression technique du strict résultat à l’usage. On peut par exemple téléphoner via IP, en profiter pour sévèrement réduire les coûts téléphoniques (en fonction de son contexte), on peut embarquer des données simultanément au coup de fil, voire même des instructions logicielles : cela ouvre de très belles perspectives…

Mais la communication peut - encore - accidentellement être interrompue. Elle n’a plus la même stabilité que nous av(i)ons avec la commutation telecom de nos parents. On aura beau contre argumenter, ou relativiser, il y a de facto une régression technique de qualité au rendu final.

Toute démarche qui fait fi de cette régression au nom du progrès qu’il induit, est une démarche de pionnier.

Or une démarche de pionnier n’est pas facile à assumer.

Nous trouvons donc, malheureusement, peu de pionniers dans le domaine de la formation, ou de l’éducation. Cet effet de diligence évoqué dans le précédent article post précédent , peut transformer ce premier réflexe de formateurs ou de parents à reproduire ce que nous connaissons (idéalement à éviter les erreurs que nous avons connues) … en credo.

Or si l’on croit que la transmission des connaissances a historiquement toujours muté avec la mutation des technologies de transmission (transports, imprimerie, media, interconnexion, …), on peut plus facilement imaginer que la transmission des compétences, donc la formation, subisse également sa mutation.

Si l’on croît que la pédagogie a effectivement muté avec l’avènement de l’imprimerie, et plus précisément lorsque la reproduction est devenue accessible et commune, alors on peut facilement imaginer qu’elle opère encore une mutation avec l’avènement du web 2.0 (ou plus précisément lorsque les services en lignes interconnectés et assemblés seront devenus monnaie courante).


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2 commentaires

  • Jean a dit :

    Dans l’enseignement, l’engouement, pour l’utilisation des tableaux numériques interactifs est, me semble-t-il, une autre illustration de vos propos.
    Il s’agit d’un nouvel outil c’est incontestable et il plait parce qu’il ne remet pas en cause le fonctionnement des classes. Le maître est sur une estrade devant un tableau (blanc, noir, vert ou interactif) et les élèves écoutent.

  • Yves, Responsable NTIC a dit :

    Cet engouement marqué pour les TBI, tableaux blancs interactifs, est il, faut l’avouer largement, alimenté par les programmes “TBI pour tous”, aujourd’hui “ENR” pour les primaires, et plus largement B2i2e.
    L’appel à candidature de ce mois pour ENR est plutôt surprenant, laissant schématiquement 15 jours ouvrés pour choisir la configuration, le fournisseur, potentiellement négocier un peu, mais aussi remettre un petit projet pédagogique, prévoyant le planning et l’usage du TBI et de la classe mobile, la typologie des organisations pédagogiques dans l’école, ainsi que l’emploi des ressources numériques de l’Education Nationale.
    Ces dernières ne sont toutefois pas encore accessibles au 27 mai. L’échéance est le 30 mai, mais ce sont les 50 premiers dans chaque territoire qui remportent la subvention.
    Quelques effets pervers : le corps enseignant n’est pas initié pour se projeter dans l’usage de ces outils encore inconnus, il n’a pas non plus l’occasion de se renseigner sur ce qui existe. Par exemple, une solution comme Promethéan s’impose par sa présence sur le circuit, des outils comme eBeam vs Speechy sont quasiment “ignorés” (souhaitons que les premiers soient aussi pointus et riches de ressources qu’ils l’annoncent à toutes les primaires rurales ;-).
    Petite parenthèse sur ce phénomène, car on peut se demander si justement la technologie n’a pas une tendance régulière à s’imposer avant les besoins, et si cette anticipation forceps n’est pas elle-même facteur de restructuration, de mutation. Question sans jugement de valeur, je ne dis pas que c’est bien, ni mal.
    Mais pour conclure sur le tableau blanc, l’engouement me semble également justifié car c’est un merveilleux jouet, les instituteurs vont réellement trouver du plaisir, de la créativité, et les élèves encore davantage. Ces derniers ne font d’ailleurs pas qu’écouter, l’attention et l’implication cognitive en sont sensiblement développées.
    Nous ne sommes plus vraiment dans le registre du e-learning, mais cet outil est particulièrement recommandé pour les formations présentielles ;-)

 

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