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Apr

Pédagogie 2.0 … Abus schizophrène ou vocation du e-learning ? # 1

En quoi les aspects structurels de la (r)évolution web 2.0 peuvent-ils contribuer à ce qui est ici baptisé la (r)évolution des savoirs ?

Je vous invite à voir la  définition que nous donne wikipédia :

L’expression Web 2.0 a été proposée pour désigner ce qui est perçu comme un renouveau du World Wide Web[1]. L’évolution ainsi qualifiée concerne aussi bien les technologies employées que les usages. En particulier, on qualifie de Web 2.0 les interfaces permettant aux internautes d’interagir à la fois avec le contenu des pages mais aussi entre eux, faisant du Web 2.0 le web communautaire et interactif.

Expression lancée par Tim O’Reilly en 2004, « Web 2.0 » s’est imposé à partir de 2007

 

cube collection 02Une réflexion consiste à étudier les éléments qui déterminent un service web dit 2.0, pour chercher quels sont ceux qui apporteront à la pédagogie une dimension proprement nouvelle, avec laquelle nous pourrons parler de réelle mutation.

Certains puristes de la formation avancent que les outils technologiques ne sont que des moyens à mettre en œuvre au service d’une pédagogie, qui elle … semblerait immuable.

On peut constater que les prestataires les plus avancés dans le domaine du e-learning, ceux qui sont à la fois appréciés par les apprenants, et jugés efficaces par les entreprises, sont de facto ceux qui réussissent justement à calquer au plus près un environnement présentiel … effet naturel de diligence (les premiers wagons du chemin de fer ressemblaient à des diligences).

La formation présentielle répond en effet par dessus toutes les autres au besoin opérationnel des apprenants : ils ont avant tout des problèmes à résoudre, du temps à gagner, de l’efficacité à retrouver.

Nous laisserons de côté le registre de l’auto-formation dans un premier temps, car cette dernière répond à un profil tout à fait particulier d’apprenants, de personnes qui sont culturellement habituées à apprendre par elle-même, naviguant aisément entre la recherche de documentation, l’expérimentation propre, et l’échange au sein de communautés existantes identifiées par l’apprenant. L’auto-formation peut également répondre à une matière relativement spécifique, ou bien à des aspects spécifiques d’une matière déjà maîtrisée.

Cette réflexion écarte donc l’auto-formation, car elle s’éloigne de la notion de pédagogie pour se rapprocher de ce que l’on appelle usuellement le knowledge management. Nous y reviendrons dans une réflexion plus spécifique, car le développement d’un centre de connaissances est un sujet clé pour les entreprises, premier pas vers un savoir-faire d’entreprise, une compétence collective.

Or le développement d’un modèle wiki (tel que celui de wikipedia) est évidemment très approprié pour cela, son efficacité est aujourd’hui avérée, wikipedia est devenue comme chacun sait une des références structurelles pour le web 2.0.

Pour revenir au sujet principal d’une potentielle mutation de la pédagogie, admettons que si nous avons du mal à concevoir que celle-ci puisse se transformer en profondeur au contact et à l’usage de nouvelles technologies (comme un médiologiste  pourrait le faire, voir le lien suivant Médiologie ), c’est que nous ne l’imaginons pas … autrement.

Cette réflexion se prolongera dans de futurs billets … revenez donc souvent sur ce blog ou abonnez vous au flus RSS :)

Illustration: Markus Angermeier


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3 commentaires

  • Anonyme a dit :

    Mutation de la pédagogie … qu’entendez-vous par là ?

    L’art d’enseigner évolue, s’adapte … mais MUTATION est un terme très fort , il indique un changement irréversible dans la forme et le fond … je ne doute pas que vous ayez murement réfléchi à l’emploi de ce terme.

    Aussi, ma curiosité est donc piquée au vif. Pouvez-vous m’indiquer ce que vous sou-entendez par le terme MUTATION ?

  • Trackback ocarbone.free.fr a dit :

    [...] Les derniers posts abordent la Pédagogie 2.0 … et permettent au centre de formation de se positionner face aux changements qu’imposent l’évolution des NTIC.

    Si vous êtes intéressés par les dispositifs de formation synchrone et l’utilisation des classes virtuelles, je vous invite donc à lire régulièrement ce blog [...]

  • Yves a dit :

    Bonjour,

    Je rebondis sur votre question à propos du terme MUTATION.
    C’est effectivement un terme très fort, que je voulais plus significatif que “transformation”, a fortiori “évolution” ou “adaptation”.
    L’évolution et l’adaptation sont en effet des notions “évidentes” dans le domaine de la pédagogie, c’est selon moi un exercice omniprésent de la formation. Loin de minimiser l’importance de cet effort que je considère incontournable pour tout formateur (et aussi pour les apprenants d’ailleurs), il n’est pas le sujet de la réflexion que je propose dans ce billet. Il n’y a pas vraiment débat dans ce registre.
    Je me permets une petite précision disons rhétorique, la mutation de la pédagogie au contact des usages web 2.0 n’est pas une assertion de ma part, c’est davantage une question ; (que vous soyez piqué au vif est tout à fait le propos ;-). La définition que vous proposez, ie “changement irréversible dans la forme et dans le fond”, est parfaite ; c’est exactement le sujet de cette réflexion.

    Autre point, votre question sous-entend - discrètement - que la nature même de la pédagogie ne peut muer. Si l’on parle du fait de transmettre un savoir ou un savoir-faire, il s’agit plutôt d’une définition (incomplète ;-). L’idée n’est pas ici de redéfinir la pédagogie. Pour illustrer plus concrètement le propos, imaginons la pédagogie avant que le support écrit n’existe, dans toutes ses dimensions. Peut-on parler de réelle mutation de la pédagogie avec l’avènement du support écrit ? Je crois que oui. La forme a évidemment changé, avec l’introduction même d’un support justement ; le fond a changé, l’écriture elle-même devenant une matière pédagogique ; de façon irréversible car sa présence a pris une importance croissante, l’écrit a finalement pris largement le dessus en volume. Toutefois, cela ne signifie pas que la tradition orale ait complètement disparue. Il y a “seulement” eu mutation.

    Lorsqu’on voit par exemple le développement d’une pédagogie dans second life, déjà suffisamment substantielle pour que des “spoodle” voient le jour, que pouvons-nous imaginer lorsque les jeunes qui auront baigné dans un tel contexte seront eux-mêmes devenus formateurs ? Imaginons un usage devenu banalisé de l’interconnexion permanente, pourrons-nous parler rétrospectivement de mutation, d’un changement irréversible dans le fond et dans la forme de la pédagogie ?

    En espérant que vous soyez toujours piqué au vif …

 

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